Matériel obligatoire pour tous les trails ?

Météo Trail Ardéchois 2013
Météo Trail Ardéchois 2013

Me retour de l’Ardéchois, content de retrouver un endroit chaud et sec…

Pas de compte rendu pour l’instant ; je fini de digérer. Juste un bon coup de coup de gueule pour tous ceux qui partent en touriste, à moitié à poil pour plusieurs heures dans les sentiers.

Alors oui, nous sommes fin avril, c’est le printemps et en plus l’Ardèche, c’est déjà le sud de la France. Mais la météo humide pourrie était annoncée depuis plusieurs jours, et le parcours passait 2 fois à plus de 1000m. Peut-être que ce n’est que de la moyenne montagne, qu’il y a une (très bonne) organisation qui veille, mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi en partant les mains dans les poches !

Un accident ou un gros coup de mou peut toujours arriver. La course à pied est un sport très actif. On a vite chaud, on transpire et il ne faut surtout pas trop s’habiller pour rester performant… Mais il faut au moins protéger les extrémités, enfiler une couche supplémentaire si les températures baissent, et pouvoir prévenir les secours si besoin.

Cela vous semble évident ? Et pourtant…

 

Kilomètre 24

Je rattrape un coureur qui marche (sur le plat). Salut. ça va ? Bof, j’ai mal à la cuisse. Il s’est surement claqué et continue d’avancer, se transformant petit à petit en zombie. Je lui demande s’il va bien, s’il n’a pas une couverture pour « s’emballer » le temps de rejoindre un poste de secours.

Mais non. Rien. Un porte bidon et en tee-shirt, short, pas de gant ni bonnet, pas de couverture de survie, pas de téléphone. Je lui propose de prendre celle qui est dans mon sac ; Il a même pas pu la déballer tellement ses mains étaient gonflées, tremblantes et engourdies. On venait de croiser une route avec des bénévoles, surement 1km avant. Il avait oublié, plus très lucide avec la fatigue et le froid. Heureusement il ne me faut pas grand chose pour le convaincre de faire demi-tour et  se mettre au chaud dans une voiture. Cela m’a semblé lui remonté un peu le moral…

 

Kilomètre 32.

Juste après la bifurcation entre le 34 et le 57. En bas d’une belle descente patinoire de boue à 15%, j’entends des hurlements entre deux « vous avez un téléphone ? vous avez un téléphone ? » 

Le concurrent 1035 est allongé dans la boue, la clavicule en vrac. Aux cris qu’il poussait, il devait franchement souffrir !

Une personne est avec lui mais ne le connait pas. J’appelle le 112, qui me mets rapidement en relation avec les pompiers pour décrire l’accident et notre localisation. (note de geek : sur le coup j’ai pas pensé à donner ma position gps grace à ma montre…)

Cela prend plus de 4′. Je commence à avoir froid. Il neige à cette hauteur et plus bas il pleut sans discontinué. Le gars est bien mal ; ça s’entend. Et lui aussi est « à poil » sans rien. Pas de couverture ni téléphone, pas de vêtement sec. Alors imaginez le temps d’attendre les secours dans ces chemins…

Finalement, un autre coureur, (un pompier super sympa avec qui j’ai partagé presque tout la fin de course) s’en inquiète un peu et essaye de lui faire prendre une meilleure position pour le soulager mais il ne peut même pas marcher. On fini par l’emballer dans les 2 couvertures de survie que d’autres coureurs lui ont laissé, en nous assurant qu’il tiendra le coup. Mais que les minutes ont dues être longues pour lui…

 

Alors la prochaine fois, sans transporter toute la pharmacie (mais pourquoi pas des pansements, une bande et des antidouleurs), on met dans son sac une épaisseur supplémentaire, un buff (pour faire bonnet par exemple) des gants, une couverture de survie,  et de quoi prevenir les secours !

De mon coté, j’avais aussi un sur-pantalon de pluie, pris au cas où je dois marcher et me refroidir, un buff vite enfilé (avec la chute des températures due à l’altitude, au vent) Mais il me manquait le tee-shirt sec (dont heureusement je n’ ai pas eu besoin) et j’ai transformé mes manchettes en gants. ça n’arrivera plus !

Mais du coup le matos obligatoire pour un trail, c’est une bonne idée non ?