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Altra Lonepeak

En test : Altra Lone Peak 1.5

Drôle d’histoire que celle d’Altra… C’est un peu le rêve à l’américaine, appliqué à la course à pied.  Imaginez deux passionnés, vendeurs de chaussures, qui mettent des running dans le four de leur cuisine pour les ramollir avant de découper la semelle pour en réduire le drop et les rendre plus naturelles, plus performantes, réduire les traumatismes…

Tout un programme ;)

 

Mais le truc prend, des clients achètent les chaussures customisés dans le garage la cuisine, mais aucune grande marque n’est intéressée par le concept. Du coup les compères créent Altra zero drop !

L’histoire est plutôt belle. Surtout quand c’est un des fondateur, Brian Beckstead, qui fait le show façon Steeve Jobs, à 2 mètres de moi lors de la journée de lancement de la marque en France (à retrouver sur Facebook)

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TPM-banniere

Trail des passerelles : récit

Dans le planning annuel, il y avait un deuxième trail après l’Ardéchois. Pendant l’été, à la montagne et avec Mag pour nous changer de la SaintéLyon.

Ce devait être l’Aravis Trail, mais des incertitudes d’organisation m’ont contraint à décliner. Ce n’est que partie Remise… et on s’est vite replongé dans le calendrier pour trouver une course avec les « caractéristiques » que nous voulions (pas trop long (en heures…) pas trop loin, et pas trop de monde et un maximum de singletrack ! Le Trail des passerelles du Monteynard, dans sa version maratrail s’est rapidement imposé : 45 46,5 48,3km et 2700m de dénivelé pour pouvoir monter suffisamment haut pour en prendre plein les yeux, le lac aux eaux turquoises et ses 2 passerelles himalayennes pour le traverser.

Pour la petite histoire, ce lac du Monteynard-Avignonet est artificiel. Situé à 25km au sud de Grenoble en terre Matheysine chère à Lamiricoré, il a été crée en 1963 et est surplombé par le Sénépy (prononcer s’népi pour faire local!) et le petit train de la Mure et ses viaducs. Il est donc fermé d’un coté par le barrage EDF, et de l’autre pas des canyons. Le tracé du trail, concocté par Mayou et le TTT, (c’était la 2ième édition) est simple : départ en bateau sur la rive opposée à l’arrivée du lac (500m), on contourne le Sénépy en passant par les sentiers en balcon et la voie de chemin de fer avant de monter au sommet (1769m), puis on redescend vers les passerelles pour traverser le lac et rejoindre l’arrivée. Après des retrouvailles avec VinVin et Ricardo (l’ami de l’apéro, après l’ami du petit déj) la journée commence donc par une croisière ! Il fait encore bon et les visages sont est assez détendus. On profite de la traversée à l’ombre du Sénépy. Le lac est magnifique et on se voit déjà bien prendre un bon bain après la course…

A 8h, après un court briefing (dont je n’ai aucun souvenir!) nous partons avec quasiment 200 coureurs. ça change de ma dernière course, sur bitume, et ses 14000 participants ;) Devant ça file déjà bien vite au bord de l’eau et on se revoit un an en arrière au départ de l’aventure Chablaisienne. Comme d’habitude Mag nous met tout de suite dans le rythme et je tente de serrer le frein à main…

On n’est pas un peu vite là ?

Non, on est bien.

Attention, on a dit que la course ne commence qu’après la première passerelle…

Mais non, c’est toujours ça de pris !

Bon ok, mais pas plus vite alors…

Le début du parcours emprunte des sentiers monotraces en balcons au dessus du lac. C’est assez roulant et cela doit nous mener au ravitaillement du 13ième kilomètre. On perd quelques places car je prends le temps de remplir mes bidons et de manger un peu. A chaque fois je dilue un stick « anti crampe » isostar dans un bidon. Le gout neutre et un peu salé est parfait pour ces conditions. L’autre est chargé de boisson iso. Si au ravito celui qui contient le sodium n’est pas fini, je le vide dans l’autre et remet un stick avant de tout remplir à raz bord.

allez petit, on y va ? ça double !

laisse filer, c’est de la gestion de course…

Le parcours nous fait maintenant grimper sur la voie ferrée de la Mure. C’est marrant. Au début. Ensuite ça reste pas facile à courir car il faut choisir entre les cailloux ou les traverses pas vraiment calibrées avec ma foulée… Mais la vue depuis le viaduc vaut le détour ;) Le divertissement ne sera que de courte durée. La montée au Sénépy commence (enfin) 1000m à grimper en 11km. On mettra 1h50 sur un rythme assez régulier en plein soleil, dré dans le pentu jusqu’à un premier plateau. Mag me demande l’altitude au moins toutes les 5 minutes. On doit monter à 1800. On est sous les 1650 et il ne semble pas réaliser la hauteur de 150m alors que le Sénépy nous toise gentiment… Après l’herbe à vache, la montée se transforme en une piste plus régulière où on échange avec quelques concurrents qui nous doublent ou que l’on reprend. On est sur une vitesse de croisière vers 700m/h. Le sommet est enfin là. C’est David Mayou, traceur officiel  de ce trail des passerelles qui nous accueille pour un petit topo sur le panaroma, et on comme prévu, en prend plein les yeux ! A l’est une immense ceinture rocheuse ferme le paysage. A l’ouest, c’est le plateau de la Mure que l’on surplombe. Les sommets sont aussi là :  Obiou, Taillefer, Tabor… Notre guide nous tire le portrait et nous décrit rapidement sur la suite : il faut bien récupérer car derrière ça descend fort, et le ravito est en bas. Ensuite les passerelles et retour à la maison. Facile non ? La descente justement. Un kilomètre vertical à l’envers. 1000m en 4,6km et 35 minutes. Sauf qu’on a pas fait 2 mètres que Mag, qui avait profité de ma discussion avec Mayou pour tenter de me semer, se fait une cheville dans les touffes d’herbe à vache ! Crac-boum ! C’est pas le moment ! Il reste quand même 20 bornes et on a pas encore vue les passerelles alors qu’on est un peu venu pour ça ;) Heureusement, un tube d’arnica et ça repart ! Et il faudra bien ça. La descente est longue ; pas très technique une fois la partie herbeuse passée, mais bien pentue. Trop pour pouvoir courir. Ne sachant plus trop jusqu’où on va, c’est presque interminable… Jusqu’à ce que village de Mayres-Savel se dessine. On tombe d’un coup sur le ravito, collé contre une fontaine. Je mets directement ma casquette et ma tête dedans ! Sur les tables, les classiques bananes et abricots secs, du coca mais aussi des sandwiches au jambon ;) Je profite de la fontaine pour me tremper la tête, la casquette et faire le plein des bidons : un avec un stick, l’autre avec 2 powertabs. Quelques fruits et on repart avec chacun un sandwich ua jambon à la main en direction de la première passerelle.

Le lac turquoise est juste en dessous de nous. La passerelle nous temps les bras quelques mètres plus bas. La vue est juste magnifique ! Comme prévu, on ne court pas. C’est interdit. Et puis cela permet de profiter du paysage, de la hauteur… et des mouvements de la passerelles himalayenne. Elle est montée « souple » sur d’énormes câbles et oscille gentiment malgré le peu de monde (peut-être 5 ou 6 personnes en tout…) ça fait bizarre dans les cuisses après quasiment 35 km…

On profite vraiment de ce premier instant au dessus du lac. Mais le bonheur et le répis ne durent que 200m. Il reste encore 800m de D+ à avaler pour rejoindre l’arrivée. Je crois que c’est un peu après la sortie de la passerelle du Drac que l’on a commencé à reprendre des coureurs du « 29k ». Et ils n’étaient pas jolis à voir. La chaleur avait vraisemblablement fait des dégâts.

Mag scrute discrètement les dossards…

ça à l’air figé.

pardon ?

ben le classement… on reprend que des gars du 29. ça bougera plus !

mouais…

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Toi aussi, joue avec les chiffres des classements de tes trails!

% = Place à l’arrivée / Nombre de finishers x100

  • Trail des Passerelles : 21% (163 classés)
  • Trail Ardéchois : 24% (314 classés)
  • Trail des Cabornis : 16% (599 classés)
  • SaintéLyon 2012 : 12% (4096 classés)
  • Nivolet Revard : 43% (595 classés)
  • SaintéLyon 2011 : 18% (4013 classés)
  • SaintExpress 2010 : 8% (930 classés)

 

Malgré pas mal de similitudes « sur le papier » si on regarde la distance et le dénivelé (Nivolet, Ardéchois et TPM…) il y a autant de courses que de sensations différentes.

Alors moralité… s’il faut en trouver une… Plus c’est populaire, moins les places sont chères ? Pas sûr… Mais surtout le % de plaisir n’est pas lié à ce % de classement !

Donc vivement le prochain, pour d’autres sensations ;)

TPM-chemin-de-fer

 

suuntodays5

Kilomètre Vertical au Montenvers

C’était le 14 juin dernier. Sur l’invitation de Suunto et dans le cadre d’un partenariat entre le fabricant finlandais et la Runnosphère, j’ai pu profiter d’une superbe journée à Chamonix.

J’ai retrouvé sur place avec l’équipe Suunto / Amer Sport France (Franck, Hervé et Fabien) David (Runmygeek.com), Doune (CoureurduChablais.com) et fait la connaissance de Fred (Highwaytotrail) et Jérome d’i-run.fr

Après un voyage sous des trombes d’eau en compagnie d’Emma, le réveil et les préparatifs de la journée se font rapidement avec Doune et David : choix des vêtements, paramétrage des montres, petit déj, et c’est parti !

C’est Fabien, le community manager Suunto France, qui est « accessoirement » guide de haute montagne à Chamonix, qui nous accompagne pour cette journée.

Au menu : un kilomètre vertical, un test terrain de la fonction navigation / suivi de trace, et une session de formation sur l’utilisation de movescount (l’équivalent de Garmin Connect) et beaucoup de retours d’expérience, avec la présence de Terho Lathinen , Product Concepts & Innovation Manager (donc responsable des développements « long terme ») chez Suunto.

 

Le kilomètre vertical, organisé sous la forme d’un off où chacun se chronomètre, consistait donc à parcourir 1km, mais dans le sens de la montée : au départ de la gare du petit train du Montenvers, les altimètres barométriques ou gps calés (à 1058m), le premier qui affiche 1000m de dénivelé positif a gagné ! Le parcours est très sympa, en jouant à cache-cache avec le train à crémaillère, et avec un passage qui doit servir de « purge » et qui du coup reste très enneigé. C’est pas compliqué à traverser, mais il ne faut pas tomber ;)

La première partie est en sous bois, avant de déboucher face aux Drus et au dessus de la mer de Glace où on en prend plein les yeux. Ma petite vidéo vous en donnera j’espère un bon aperçu !

 

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à venir : Trail des Passerelles du Monteynard

Ce sera ma course de l’été. Le Trail des Passerelles du Monteynard (TPM pour les intimes ;) ) est peut-être la plus belle course de la région grenobloise. Bon, c’est pas moi qui le dit, ce sont les copains qui l’ont déjà courue où qui connaissent le coin par cœur, mais je les crois sur parole, et photos !

Et les avis des copains de la Runnosphère ou du TTT, c’est très important pour le choix des courses. Avec leurs photos, des vidéos, une reco. J’ai l’impression de l’avoir déjà couru ce trail. Le mal aux jambes en moins !

  • Runmygeek l’a fait en off, avec une vidéo qui donne un bon aperçu (clic)
  • Vinvin et L’amiricoré, en locaux de l’étape, participent à l’excellente organisation avec le Taillefer Trail Team (clic et clac)

Dans la mise en place de mon « planning », j’avais en effet mis une petite croix sur ce trail des passerelles. Des petits aléas de planning, des réflexions sur la progression dans la difficulté des courses de cette année (ultra, pas ultra…) et l’envie de partager un trail de ce format pas trop long avec Mag, le TPM marque des points…

Et avec l’énorme choix de course (au moins un trail par week-end…) autant être un peu exigeant…

On continue alors dans les points positifs : de bons retours des participants de l’année dernière, peu de grandes pistes à 4×4 mais plutôt des singletracks, pas trop de monde (850 inscrits à date sur les 4 parcours), des superbes vues sur le lac depuis le Senepy (1769m, 1200m au dessus du lac).

Le TPM, c’est 4 courses de 15 à 45km,  autours du lac du Monteynard. Créé artificiellement, avec la mise en place d’un barrage EDF en 1962, il est traversé par 2 passerelles himalayennes qui font toutes l’originalité de l’épreuve.

Ce sera le clou du spectacle. Deux passages suspendus d’environ 200m de long, à 45 / 85m au dessus de l’eau (en fonction du niveau d’eau du lac).

Vous trouverez au programme de cette course le 21 juillet 2013 :

  • Le Maratrail des passerelles (45km / 2550m)
  • Les trail des passerelles du Monteynard (29km / 1500m)
  • Le trail de la passerelle de l’Ebron (16km / 800m)
  • La rando des passerelles (15km / 600m)

Pour moi, ce sera le Maratrail. L’organisation a eu la bonne idée de mettre en place un partenariat avec l’excellent  trace de trail (tracedetrail.fr) qui vous permet de visualiser le parcours (zoomez sur la carte et appréciez le fond de carte IGN Top 25 et ses lignes de niveau), son profil ou de télécharger la trace pour la charger dans votre gps.

La première partie roulante servira d’échauffement jusqu’au premier ravito. Ensuite il faudra monter 1000m pour aller voir le lac d’en haut avant de descendre à fond les ballons vers les passerelles. Le fin ne sera pas fordément simple, casse pattes, avec encore 700m de D+ en 8km.

 

Il reste donc un peu plus de 2 semaines avant cette course. Parfait pour fignoler l’entrainement et vous inscrire directement sur le site de la course (clic). Vous y trouverez tous les détails du programme de la journée, et aussi pas mal de photos pour finir de vous donner envie sur la page Facebook du trail.

flyer TPM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vous laisse avec le teaser vidéo de cette année. Rendez vous sur la ligne de départ !

 

 

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Merrell Mix Master 2

Doucement, mais surement, Merrell s’installe dans les armoires des coureurs. Après s’être mêlé aux précurseurs du le running (je très) minimaliste avec la Trail Glove et ses nombreuses déclinaisons, la marque américaine élargie progressivement sa gamme, toujours très orientée outdoor, (et pas que trail) où elle profitera surement de son image de marque et de son expérience de la rando…

Dans ce test, c’est la Mix Master 2 qui sera passée à la moulinette. Si aucune chaussure n’a été maltraité dans Saint Cucufa (quoique, le crampon arrière gauche…) après presque 200km, je pense avoir fait le tour de cette chaussure de trail légère.
Cette paire m’a été fournie gracieusement Merrell par l’intermédiaire de la Runnosphère. Je n’ai donc pas acheté ces chaussures, mais comme je louchais dessus depuis leur sortie, ça tombait plutôt bien, mais sans que cela ne vienne biaiser mon avis quand même ;-)

Si vous ne voulez pas perdre de temps (pour les autres fermez les yeux et sautez au paragraphe suivant), sachez qu’elle me plait bien : c’est un poids plume (250g), avec une semelle pas trop amortie (à prendre comme une qualité pour mon usage ! ) et confortable. Presque un peu molle, même si c’est beaucoup moins pénalisant sur la terre meule que pour une course sur route. Et il faut bien que la semelle se déforme un peu pour suivre les mouvements du terrain et faire remonter les infos du terrain !
Bref, j’ai pris beaucoup de plaisir à courir avec cette Merrell ;-)

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Trail Ardéchois : récit de course

Un mois après, il est vaiment temps de sortir mon récit du trail l’Ardéchois… Du coup je vais faire bref.

C’était un super week-end, lancé de main de maître par le TTT qui m’a gentiment transporté et hébergé. C’était vraiment sympa de revoir les copains, et de voir des nouvelles têtes autrement que via Facebook. Le gite était top, les chèvres sympathiques. J’ai même pu récupérer quelques secrets de champions : Mayou n’est pas le dernier à l’apéro, mais jamais sans sa bouteille de Saint Yorre (enfin surtout avant la course. Parce qu’après…) Et Fabrice, son truc, c’est le blé ; parce que les pasta-party ça fait pas grimper la vma !

groupe-ardéchois

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Samedi matin, réveil à 5h, crème sport déj et c’est parti… pour 5km avant que le chat noir ne bouche le carbu de la voiture de David. Petit coup de stress, retour à la case départ et on repart avec le berlingo de l’autre David. Sa conduite un poil sportive laissera quand même des traces… dans les buissons sur le parcours de la course…

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La course justement, elle est lancée au coup de fusil de chasse dans le village Médiéval de Désaignes (prononcez, « design » pour faire couleur locale ;) Comme depuis quelques jours, il pleut. Il ne fait pas si froid, (nous sommes à 460m) mais cela ne durera pas. Sur les 57km et 2400m de dénivelé que comportent le parcours, on passera 2 fois à 1200m et une fois à 1000m. Les températures vont donc bien baisser…

Ce sont peut-être les conditions les moins simples à gérer du point de vue de l’équipement. Il fait très humide, donc il faut être « étanche », mais pas très froid (mais pas question de partir à poil !) . Donc il ne faut pas trop se couvrir…mais la chaleur dégagée par le corps sature encore plus les vêtements techniques. Il faudra aussi absorber les variations de température sur 7 ou 8 heures, malgré des niveaux d’effort différents, les conditions climatiques changeantes et les éventuels coups de mou. Au moindre ralentissement, le corps ne produit plus assez de chaleur pour être en bonne condition avec un équipement « bi couche »

Mais revenons au départ de la course. David (Runmygeek.com), est en mode « sortie-longue-et-tranquille » avant son gros énorme objectif 3 semaines plus tard (les 120km de l’ultra draille) et Fabrice (RunOnline) en mode « je-passe-un-week-end-top-avec-les-potes-et-j’en-profite-pour-courir-un-peu). Devant, collé à la ligne, Lamiricoré (sur le 34) va tenter de suivre le Mayou qui va jouer la gagne sur le grand parcours !

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Dès le départ je perds David (qui fera en fait un détour par les buissons) et joue au chat et à la souris avec Fabrice. Mais connaissant sa réputation de départs rapides, et comme il était sur le 34, je m’attendais à le voir devant moi. Mais il est dans un jour sans, et moi un peu trop concentré pour papoter, surtout que mes sensations sont moyennes.

Le parcours ne monte pas vraiment ; je ne sais pas trop si je dois courir ou marcher ; Ce trail est très roulant et je ne veux pas me griller dans les faux plats. Mais tant pis ; j’essaye de garder un bon rythme sans passer le « seuil » sur ces sentiers bien larges.

Les paysages de l’Ardèche restent bien cachés dans la mélasse. La pluie qui tombe en continue se transforme en neige à partir de 800m, le vent n’arrange pas la situation et je trouve ces 2 premières heures interminables. Heureusement, j’arrive au château de Rochebonne (enfin ce qu’il en reste) et ça devient (enfin) un peu technique et très sympa.

ardechois-4 ardechois-2

Au premier ravitaillement, je vide ce qu’il reste dans mes bidons pour recharger correctement sans surdosage, et sors 2 paires de powertabs emballées dans du papier alu. Il y a pas mal de choix sur les tables : sucré, salé, boisson Effinov et barre isostar. Je ne traîne pas trop et attaque la deuxième bosse vers les éoliennes perchées à 1200m.

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C’est avant une bonne dégringolade que les parcours de 34 et 57km se séparent. J’en suis à environ 30km, 3h30 de course et pas loin de 1500m de D+. Les conditions sont toujours aussi pourries, mais je suis très bien, motivé. Je passe pas mal de temps avec un pompier de Rambouillet qui m’a aidé lors du « ramassage » du gars qui s’est mis l’épaule en vrac. On discute un peu, joue au yoyo… Je le récupère même alors qu’il filait tout droit sur une route sans regarder le balisage ; avant qu’il ne fasse pareil pour moi 15′ plus tard ;)

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Matériel obligatoire pour tous les trails ?

Météo Trail Ardéchois 2013

Météo Trail Ardéchois 2013

Me retour de l’Ardéchois, content de retrouver un endroit chaud et sec…

Pas de compte rendu pour l’instant ; je fini de digérer. Juste un bon coup de coup de gueule pour tous ceux qui partent en touriste, à moitié à poil pour plusieurs heures dans les sentiers.

Alors oui, nous sommes fin avril, c’est le printemps et en plus l’Ardèche, c’est déjà le sud de la France. Mais la météo humide pourrie était annoncée depuis plusieurs jours, et le parcours passait 2 fois à plus de 1000m. Peut-être que ce n’est que de la moyenne montagne, qu’il y a une (très bonne) organisation qui veille, mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi en partant les mains dans les poches !

Un accident ou un gros coup de mou peut toujours arriver. La course à pied est un sport très actif. On a vite chaud, on transpire et il ne faut surtout pas trop s’habiller pour rester performant… Mais il faut au moins protéger les extrémités, enfiler une couche supplémentaire si les températures baissent, et pouvoir prévenir les secours si besoin.

Cela vous semble évident ? Et pourtant…

 

Kilomètre 24

Je rattrape un coureur qui marche (sur le plat). Salut. ça va ? Bof, j’ai mal à la cuisse. Il s’est surement claqué et continue d’avancer, se transformant petit à petit en zombie. Je lui demande s’il va bien, s’il n’a pas une couverture pour « s’emballer » le temps de rejoindre un poste de secours.

Mais non. Rien. Un porte bidon et en tee-shirt, short, pas de gant ni bonnet, pas de couverture de survie, pas de téléphone. Je lui propose de prendre celle qui est dans mon sac ; Il a même pas pu la déballer tellement ses mains étaient gonflées, tremblantes et engourdies. On venait de croiser une route avec des bénévoles, surement 1km avant. Il avait oublié, plus très lucide avec la fatigue et le froid. Heureusement il ne me faut pas grand chose pour le convaincre de faire demi-tour et  se mettre au chaud dans une voiture. Cela m’a semblé lui remonté un peu le moral…

 

Kilomètre 32.

Juste après la bifurcation entre le 34 et le 57. En bas d’une belle descente patinoire de boue à 15%, j’entends des hurlements entre deux « vous avez un téléphone ? vous avez un téléphone ? » 

Le concurrent 1035 est allongé dans la boue, la clavicule en vrac. Aux cris qu’il poussait, il devait franchement souffrir !

Une personne est avec lui mais ne le connait pas. J’appelle le 112, qui me mets rapidement en relation avec les pompiers pour décrire l’accident et notre localisation. (note de geek : sur le coup j’ai pas pensé à donner ma position gps grace à ma montre…)

Cela prend plus de 4′. Je commence à avoir froid. Il neige à cette hauteur et plus bas il pleut sans discontinué. Le gars est bien mal ; ça s’entend. Et lui aussi est « à poil » sans rien. Pas de couverture ni téléphone, pas de vêtement sec. Alors imaginez le temps d’attendre les secours dans ces chemins…

Finalement, un autre coureur, (un pompier super sympa avec qui j’ai partagé presque tout la fin de course) s’en inquiète un peu et essaye de lui faire prendre une meilleure position pour le soulager mais il ne peut même pas marcher. On fini par l’emballer dans les 2 couvertures de survie que d’autres coureurs lui ont laissé, en nous assurant qu’il tiendra le coup. Mais que les minutes ont dues être longues pour lui…

 

Alors la prochaine fois, sans transporter toute la pharmacie (mais pourquoi pas des pansements, une bande et des antidouleurs), on met dans son sac une épaisseur supplémentaire, un buff (pour faire bonnet par exemple) des gants, une couverture de survie,  et de quoi prevenir les secours !

De mon coté, j’avais aussi un sur-pantalon de pluie, pris au cas où je dois marcher et me refroidir, un buff vite enfilé (avec la chute des températures due à l’altitude, au vent) Mais il me manquait le tee-shirt sec (dont heureusement je n’ ai pas eu besoin) et j’ai transformé mes manchettes en gants. ça n’arrivera plus !

Mais du coup le matos obligatoire pour un trail, c’est une bonne idée non ?