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Trail Ardéchois : récit de course

Un mois après, il est vaiment temps de sortir mon récit du trail l’Ardéchois… Du coup je vais faire bref.

C’était un super week-end, lancé de main de maître par le TTT qui m’a gentiment transporté et hébergé. C’était vraiment sympa de revoir les copains, et de voir des nouvelles têtes autrement que via Facebook. Le gite était top, les chèvres sympathiques. J’ai même pu récupérer quelques secrets de champions : Mayou n’est pas le dernier à l’apéro, mais jamais sans sa bouteille de Saint Yorre (enfin surtout avant la course. Parce qu’après…) Et Fabrice, son truc, c’est le blé ; parce que les pasta-party ça fait pas grimper la vma !

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Samedi matin, réveil à 5h, crème sport déj et c’est parti… pour 5km avant que le chat noir ne bouche le carbu de la voiture de David. Petit coup de stress, retour à la case départ et on repart avec le berlingo de l’autre David. Sa conduite un poil sportive laissera quand même des traces… dans les buissons sur le parcours de la course…

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La course justement, elle est lancée au coup de fusil de chasse dans le village Médiéval de Désaignes (prononcez, « design » pour faire couleur locale ;) Comme depuis quelques jours, il pleut. Il ne fait pas si froid, (nous sommes à 460m) mais cela ne durera pas. Sur les 57km et 2400m de dénivelé que comportent le parcours, on passera 2 fois à 1200m et une fois à 1000m. Les températures vont donc bien baisser…

Ce sont peut-être les conditions les moins simples à gérer du point de vue de l’équipement. Il fait très humide, donc il faut être « étanche », mais pas très froid (mais pas question de partir à poil !) . Donc il ne faut pas trop se couvrir…mais la chaleur dégagée par le corps sature encore plus les vêtements techniques. Il faudra aussi absorber les variations de température sur 7 ou 8 heures, malgré des niveaux d’effort différents, les conditions climatiques changeantes et les éventuels coups de mou. Au moindre ralentissement, le corps ne produit plus assez de chaleur pour être en bonne condition avec un équipement « bi couche »

Mais revenons au départ de la course. David (Runmygeek.com), est en mode « sortie-longue-et-tranquille » avant son gros énorme objectif 3 semaines plus tard (les 120km de l’ultra draille) et Fabrice (RunOnline) en mode « je-passe-un-week-end-top-avec-les-potes-et-j’en-profite-pour-courir-un-peu). Devant, collé à la ligne, Lamiricoré (sur le 34) va tenter de suivre le Mayou qui va jouer la gagne sur le grand parcours !

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Dès le départ je perds David (qui fera en fait un détour par les buissons) et joue au chat et à la souris avec Fabrice. Mais connaissant sa réputation de départs rapides, et comme il était sur le 34, je m’attendais à le voir devant moi. Mais il est dans un jour sans, et moi un peu trop concentré pour papoter, surtout que mes sensations sont moyennes.

Le parcours ne monte pas vraiment ; je ne sais pas trop si je dois courir ou marcher ; Ce trail est très roulant et je ne veux pas me griller dans les faux plats. Mais tant pis ; j’essaye de garder un bon rythme sans passer le « seuil » sur ces sentiers bien larges.

Les paysages de l’Ardèche restent bien cachés dans la mélasse. La pluie qui tombe en continue se transforme en neige à partir de 800m, le vent n’arrange pas la situation et je trouve ces 2 premières heures interminables. Heureusement, j’arrive au château de Rochebonne (enfin ce qu’il en reste) et ça devient (enfin) un peu technique et très sympa.

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Au premier ravitaillement, je vide ce qu’il reste dans mes bidons pour recharger correctement sans surdosage, et sors 2 paires de powertabs emballées dans du papier alu. Il y a pas mal de choix sur les tables : sucré, salé, boisson Effinov et barre isostar. Je ne traîne pas trop et attaque la deuxième bosse vers les éoliennes perchées à 1200m.

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C’est avant une bonne dégringolade que les parcours de 34 et 57km se séparent. J’en suis à environ 30km, 3h30 de course et pas loin de 1500m de D+. Les conditions sont toujours aussi pourries, mais je suis très bien, motivé. Je passe pas mal de temps avec un pompier de Rambouillet qui m’a aidé lors du « ramassage » du gars qui s’est mis l’épaule en vrac. On discute un peu, joue au yoyo… Je le récupère même alors qu’il filait tout droit sur une route sans regarder le balisage ; avant qu’il ne fasse pareil pour moi 15′ plus tard ;)

Le dernier ravitaillement est au pied de la dernière ascension. 500m sur un peu moins de 4km droit dans la tempête. Je repars en même temps que la 4ième féminine. On lui annonce 15′ de retard sur la 3ième (Anne Valéro). On discute, un peu autours d’un bout de pain d’épices et la motive pour aller chercher le podium en essayant de m’accrocher car elle grimpe bien plus vite que moi. Je me dis que je ne la reverrai pas, et que je suis peut-être parti un peu trop vite…

La fin de la montée vers la ruine de Rochebloine est bien dure. le vent et la neige ne faiblissent pas et et l’organisation semble avoir compté sur le passage des concurrents pour tracer un nouveau single dans les genets… Au sommet, je ne lève même pas la tête pour tenter d’apercevoir un bout de paysage. De toutes façons les flocons obligent à fermer un peu les yeux… En plus malgré le passage du « sommet » (1000m !) ça ne descend pas encore vraiment. Ras le bol. J’ai mal aux jambes, un peu aux pieds et envie d’en finir. Et cela va durer 3,5 km comme ça à attendre la descente, pour que les températures remontent et que la neige se change en pluie ; La neige justement commence à tout recouvrir, y compris le balisage et il faut être attentif…

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Je récupère ma 4ième féminine. Le froid l’a bloquée (pourtant elle était bien habillée) et en plus elle n’aime pas les descentes… Désaignes est juste en dessous. C’est fini. Je passe la ligne au bout de 7h18 à la 73ième place. Le temps de me faire accueillir et féliciter par Dawa Sherpa tout sourire, je commence à geler sur place avec la fatigue et l’arrêt de l’effort. Mes affaires sont dans une voiture et j’essaye d’appeler les copains. Pas un ne répond ! Je tente un bar ; un autre… J’ai tellement froid que je n’arrive pas à maîtriser mes tremblements pour taper sur mon mobile. Je vous épargne les différents noms d’oiseaux qui me sont passés par la tête… 15 minutes interminables avant de retrouver le TTT attablé autours du traditionnel bœuf à la broche.

Une bonne douche plus tard, on refait les courses. Il y a des podiums, des abandons… Je suis plutôt content de ma course. De l’avoir faite… Pour une première balade en Ardèche fin avril, j’avais plutôt prévu de voir du paysage. Mais ça restera une bonne journée pour valider mon expérience sur ce format de trail presque long. Et les conditions me conforte aussi sur la préparation. Il valait mieux avoir un peu de marge…

D’ailleurs coté classement, je ne suis « que » 73ième. Je pense m’être pas mal entraîné et avoir fait une bonne course. Du coup je trouve que le niveau moyen était assez relevé, même si ce ne sont que les meilleurs qui sont resté sur le 57. Bravo à tous ;)

 

 

N’oubliez par d’aller lire les compte-rendus des copains :

RunOnline : le paradoxe ardéchois

Lamiricoré : Trail Ardéchois : Taillefer Trail Team for ever

Mayou : Ardéchois 57km 2013 : des conditions dantesques, mais pourtant que la montagne est belle…

 

Matériel :

Saucony Peregrine 3 parfaites pour le long

– Cuissard de compression Kalenji. 29€. Rien à dire comme souvent avec cette marque…

– sac Lafuma ultra-trail 3L toujours au top, avec 2 bidons devant pour un bon équilibre de la charge, des rechargement faciles.

– tee-shirt manche courte et manchons kalenji

– veste « étanche » protect athletic novadry kalenji (testé par runmygeek) au rapport qualité / prix presque parfait.

– un buff saintélyon rempli de motivation;)

– des gels isostar cola, et framboise (enrichis en bcaa spécial longue distance…), des powertabs, des pâtes d’amande aptonia, des barres isostar bretzel sur les ravitos ;)

– Suunto Ambit : cliquez ici pour le move

8 réflexions au sujet de « Trail Ardéchois : récit de course »

    1. c’est bien pour ça qu’il faut se « forcer » à mettre son blog à jour.
      J’ai finalement pris du plaisir à écrire ce CR, revoir les photos, me rappeler des moments difficiles.
      Cette fois je suis plus dans la « satisfaction du devoir accompli », que dans le plaisir instantané, mais je reste persuadé qu’il faut vivre ce genre d’expérience !
      Et le plaisir n’en sera que plus grand la prochaine fois quand il fera beau ;)

    1. il parait que c’est une très belle course quand le temps est dégagé. Les paysages sont superbes…
      Mais quelle que soit la météo, avec le TTT c’est toujours top !

  1. Bravo pour ta course dans ces conditions épiques !
    La première photo de neige est déconcertante …on a l’impression que ca grimpe sec sur un très peu d’espace ! ou que vous grimpez sur un sapin enneigé :p

    La veste protect « athletic novadry kalenji » à l’air top… J’en cherche une du même genre et il ne la font plus chez decath grrrr . Et dans les grande marque c’est facile plus de 100 euros :'( snif

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