Corrida de Toulouse 2026
J’ai souvent lu que courir un 10km peu de temps après un marathon, si physiquement tout va bien, est un bon moyen de profiter de la forme acquise pendant la préparation. Mais j’avais pas mal de doutes.
Ce genre d’exercice me semblait incohérent et incompatible avec mes précédentes expériences de la récupération post-marathon

Enchainer 10km et Marathon ?
Fin avril, mon ophtalmo de Rueil a décidé que je devais porter des lunettes. Je me vois donc obligé de me rendre chez le meilleur opticien de Toulouse, le même week-end qu’une course dont les dossards ne sont pas encore tous vendus est organisée : la corrida de Toulouse.
Sautant sur cet incroyable concours de circonstances, me voici embarqué dans 12 semaines de préparation.
Je me suis inscrit dans la dernière semaine précédant le marathon de Paris, alors que la période d’affutage fait que les séances s’espacent et se raccourcissent. C’est un peu ambitieux, ne sachant pas dans quel état je serais après le marathon, mais idéal pour occuper l’esprit, déplacer un peu le point d’attention sur la suite.
Transition et plan d’entrainement
Pour profiter de la forme post marathon et performer sur 10km, j’ai vu et lu que les 2 courses devaient être relativement proches (15 jours ?).
Personnellement j’aurais été complètement incapable de m’envoyer un 10km à fond le week-end suivant le marathon !
Si j’ai très bien « digéré » et récupéré de mes 42 kilomètres, je n’avais aucune envie.
Alors avec une nouvelle course 12 semaines plus tard, j’ai surement « loupé » les bénéfices de l’enchainement « marathon – 10km » mais je n’aurais de toutes façons pas pu.
En plus, j’aime beaucoup courir, mais j’aime aussi beaucoup faire du vélo, du renfo, des apéros.
Plan d’entrainement 10Km en 12 semaines
Je me suis concocté un plan d’entraînement en étant à l’écoute des sensations et de ma récupération post-marathon, sans me presser (et avec quelques jours de vacances aux bords des lacs de l’Italie du Nord).
Mais avec des intensités, du fractionné. Parce que j’aime ça. Me challenger, ressentir l’effort accompli.
Je ne progresse plus côté chrono :
- mon allure sur un classique 10x400m est celle de mon RP sur 10k de 2016
- mon dernier passage sur 10km date de décembre 2022 (41’15 à la corrida d’Houilles)

Dans les grandes lignes :
- 2 phases : « travail autour de sv2 + vitesse à vo2 » puis « sv2 + allure spécifique » avec 2 séances à hautes intensités par semaine.
- des sorties gravel et des footings dans les intervalles, ainsi qu’une longue sortie vers la Champagne (150km)
- un peu d’adaptation à la canicule. Mais mon activité de conseiller immobilier indépendant me permet d’éviter de courir entre midi et 14h ;)
- Globalement la préparation a été bien moins plaisante que celle du marathon. Si vous lisez entre les lignes (travailler proche de sv2, vo2max et as10) préparer un 10 km, ça fait courir souvent à des intensités pas toujours très confortables
- La plus « grosse » séance : 2×3000 + 2×1000 à l’allure cible (4’10/km) même si mon plan prévoyait une idiotie (5000 + 3000 + 2×1000)
Les totaux qui ne servent à rien :
- 465 km courus en 42 séances (encore ce 42 !)
- 811km roulés en 18 sorties
- 20 séances de renfo issues de « la prépa physique de l’endurance »
Les détails du plan
cliquez sur les « + » pour afficher la composition de chaque semaine. Je n’ai pas mis tous les footings.
S1 Le lendemain de la veille13 au 19 avril
18 km de course, 43 km de vélo, 4 h 54 d’activité
Récupération et reprise douce dont un joli tour Gravel proche du parc du château de Versailles.
S2 Retour aux affaires20 au 26 avril
44 km de course, 31 km de vélo + 40 km de vélotaf, 10 h d’activité
Reprise plus appuyée avec deux séances d’intensité : 5×7′ à SV2 et 12×1’30 plus vite. Au milieu, du renfo et du gravel.
S3 Parenthèse italienne27 avril au 3 mai
13 km de course, 44 km de vélo, 16 km de marche, 7 h 42 d’activité
Cinq jours de visite en Italie à courir après les glaciers. J’étais fatigué et j’ai beaucoup dormi, ce qui semble avoir bien impacté mes courbes de VFC.
Au retour le week-end : 2×3 km allure marathon pour remettre du rythme (ce sera ma sortie longue de la semaine : 13 km) et un bon tour gravel à Versailles.
S4 On remet du volume4 au 10 mai
60 km de course, 76 km de vélo, 10 h 30 d’activité
4×10′ à SV2 et un mix pour travailler ma vitesse (16×1′ + 6×1’30). 5 km AS42 le week-end dans une longue de 16 km pour l’endurance générale.
S5 Souffrance puis plaisir11 au 17 mai
61 km de course, 68 km de vélo, 8 h 24 d’activité
Je poursuis ma découverte du livre La prépa physique de l’endurance et teste les protocoles, avec souvent des effets négatifs sur le footing qui suit. Mais j’apprends (à utiliser moins de poids…).
Côté séances : 3×12′ à SV2 (4’25 / 4’25), 10×500 plus vite (3’50 / 3’55) et 2×4 km d’allure plaisir (AS42).
En complément, 1 h sur le home trainer et 1 h 30 sur le vélo de route.
S6 Le vélo prend de la place18 au 24 mai
30 km de course, 100 km de vélo, 8 h 06 d’activité
Je lève un peu le pied sur les intensités avec des intervalles faciles en vélo de route (10x 40/20 – 30/30 – 20/40), un 5×5′ à SV2 en fin de semaine et un bon tour de vélo (2 h 30, 64 km).
S7 La semaine monstre25 au 31 mai
49 km de course, 191 km de vélo, 14 h d’activité
3×2 km AS10 + 1 km vite en début de semaine, 3×8′ + 2×4′ à SV2 au milieu, avant 150 km de vélo le samedi pour aller chez des copains en Champagne.
S8 Montagne et petits pas1er au 7 juin
38 km de course, 577 m de D+, 5 h 48 d’activité
Petit footing post-vélo le lundi et 3×10′ au seuil le mercredi, avec la question qui compte : « Enfin l’équilibre sous 4’15 ? ».
La fin de semaine sera light : direction Valloire pour les 50 ans de JC, avec une rando au Petit Poingt-Ravier et un footing trail le lendemain matin (322 m D+ en 5 km).
S9 Pluie, vent et corde à sauter8 au 14 juin
40 km de course, 76 km de vélo, 8 h 54 d’activité
Arrivée de la corde à sauter dans la routine. Un AS10 « bâché » sous la pluie mardi, puis vendredi un 3x13x30/15 sur l’anneau avec vent de face non-stop, à 28,5 km/h de moyenne. Dimanche, triptyque parfaitement titré : « Marcher », « Sauter », « Courir » (3×1000 AS10).
S10 Le déclic au seuil15 au 21 juin
48 km de course, 90 km de vélo, 8 h 24 d’activité
Ça démarre sur un « Bof », mais mercredi, le 5×5′ au seuil vers 4’15 devient « enfin une séance plaisir ». Samedi, 2×3000 + 2×1000 AS10 : le travail spécifique commence à rentrer. Deux sorties vélo dont 53 km dimanche.
S11 Canicule22 au 28 juin
32 km de course, 92 km de vélo, 7 h 54 d’activité
Renfo à minuit et demi, face au ventilo. Ça pose l’ambiance. Un footing interrompu, un 6×1000 entre 4’10 et 4’20, et dimanche une sortie vélo (65 km, 700 m de D+).
S12 Affûtage et dossard 🟣29 juin au 3 juillet
33 km de course, 3 h 18 d’activité
Toujours du renfo, des 15/15 sans sensations et une dernière séance la veille de la course. J’ai improvisé 2×3′ pas trop vite (AS42 puis AS10), histoire de prendre la température toulousaine.
Corrida de Toulouse : 42’24 sur 10 km, soit 4’13/km
Le bilan
Douze semaines pour passer d’un corps de marathonien fatigué à un corps de coureur de 10 km. Le vélo a porté une grosse partie de la charge (plus de 800 km), le renfo s’est installé presque chaque semaine, et le seuil autour de 4’15 est passé de « souffrance et asphyxie » à « séance plaisir ». Le chrono de Toulouse vient valider tout ça.
La course
Il ne faut pas être réfractaire à la transpi pour faire une visite express de l’hyper centre de la ville rose, au milieu de l’été et des briquettes.
L’enchainement des canicules fait que le corps n’est pas pris par surprise, mais les températures limitent forcément la performance, même avec un départ à 21h30.
Je me suis entrainé pour courir en 4’10, mais ce soir, tenir 4’15 me semblait déjà suffisamment ambitieux !
Alors après un échauffement très doux, me voici dans la belle ambiance de la place du capitole pour la Corrida de Toulouse 🎉🥳

Les 2 premiers kilomètres sont très denses. Tout le monde semble très tendu autour de moi ; ça frotte, ça déboite…
J’essaye de temporiser et d’accepter gentiment les ralentissements pour m’éviter un départ trop rapide. Le but est surtout de prendre du plaisir et de ne pas sauter tel un grain de maïs dans le micro-onde.
Heureusement le flux de coureurs s’aère rapidement et à part les 2 ponts ça roule bien.
Mais ça tourne dans tous les sens 😵💫
Entre la densité de coureurs (4800), l’absence de panneaux kilométriques et les supporters dans les rues toulousaines, je n’entends pas les bips de ma montre mais les chiffres semblent bons quand j’ai le nez sur la montre en visant 4’15 pour faire 42’30.
Il fait toujours chaud mais rien d’anormal pour le corps. Les 2 ravitos m’ont permis de me verser une bouteille sur la tête. Je ne sais pas si ça m’a refroidi, mais mon tee-shirt était bien collé…

Une fois le 7e kilomètre effacé, je sens que mon affaire tourne rond. Mais je me fais avoir à la fin en voyant la place du cap’ : j’avais oublié le dernier tour du pâté de maisons 🥵 et lance le sprint final beaucoup trop tôt !
Le dernier kilo passe en 3’50. Alors pour une fois que je finis vite… il fallait bien ça pour atteindre l’objectif chronométrique.

L’objectif du plaisir est lui aussi largement rempli !
#stravaproveit




