Marathon de Paris 2026
Récit du marathon numéro 7
7 Comme le nombre de marathons que j’ai courus (dont 5 dans la capitale, et sans compter les « maratrails » aussi nombreux) mais le premier préparé spécifiquement depuis la « chasse au record » de 2018 et 2019. (l’année dernière, je l’ai couru dans la foulée et sur la forme de l’ecotrail)

7 comme le nombre de semaines d’entraînement dédié et appliqué.
C’est important pour moi ; parce que je pense qu’en course à pied, le chemin est au moins aussi important que la destination.
À propos et l’actuelle mode du running et du marathon, j’ai lu sur les réseaux qu’on
cherchait àpouvait opposer cette approche à celle des coureurs de la Gen Z, les jeunes, les vieux en crise de la quarantaine (ou cinquantaine ?) qui veulent juste vivre l’expérience, courir un marathon quasiment du jour au lendemain et vite passer à autre chose.
Chacun est libre de courir ce qu’il veut quand il veut, mais il faut peut-être commencer par essayer de savoir si on aime courir, pour ne pas rendre l’expérience trop douloureuse.
C’était un peu court, J’aurais aimé faire plus, mais ça s’est tellement bien passé !
Je ne partais pas de 0 car la prépa du Chocotrail début décembre m’avait donné la caisse, et j’ai pris ensuite quelques semaines pour relâcher, me tester afin de calibrer les entrainement avant de relancer.
Ces 7 semaines m’ont donc donné juste le temps de monter progressivement en distance sans casse, avec un plan qui était un peu différent, avec plus d’allures intermédiaires (SV1 / SV2) qu’avant, plus d’allure spécifique.
La course
Le jour J, une fois passée la semaine à cogiter, les conditions sont fraîches et idéales.
Marc m’accompagne, en quête de bornes pour sa prépa Ironman et en recherche de confiance dans sa capacité à courir 42 kilomètres sur un bon rythme.
Sur les Champs-Élysées, l’organisation est bien rodée, tout est fluide de la consigne au sas de départ.
Le plan est simple : confirmer le chrono de l’année dernière avec une allure cible de 4’45/km (plus ou moins 5’’) pour boucler la visite de Paris en courant entre 3h20 et 3h25.
J’ai toujours couru des marathons en étant entraîné, et si le 3h23 de 2025 est mon PW (Personal Worst) de temps, c’est surtout un PB de plaisir que je veux reproduire.
Pour 2026, l’idéal chronométrique en 3h20 me semblait ambitieux, car le marathon est exigeant et on ne sait jamais à quelle sauce on va être mangé.
Cet objectif a été dépassé avec 3h19’31 sur le tapis vert de l’avenue Foch.
La météo était parfaite et la course facile pendant au moins 25km, avec l’impression que le vent soufflait dans le dos, que le parcours ne faisait que descendre.
En plus tout est beau sur le marathon de Paris, les monuments s’enchaînent et les supporters terminent de s’échauffer (7 ou 8° à 9h du matin) pour être de plus en plus nombreux sur le bord du parcours.
On papote avec Marc, et les copains croisés en route (coucou The PinkRunner et ses 144 marathons), tout en gérant à peine le faux plat du Faubourg Saint Antoine jusqu’à Nation et celui de l’hippodrome de Vincennes.

Sur ce premier semi, l’ambiance est déjà chaude, mais le 2e passage sur la place de la Bastille fait monter le son !
La Suunto bippe en 1h38. Tout ce qui est pris…
– N’est plus à prendre ?
– Sera rendu en double ?
On verra, on est joueurs / confiants / expérimentés / inconscients (rayez la mention inutile)
Mais il ne faut pas s’enflammer car l’arrivée sur les quais annonce les montagnes russes du parcours.
On prend un peu chaud dans le tunnel des Tuileries et mon compère rouspète contre les montées et descentes des ponts.
Je lui demande de rester concentré pour les passer sur un petit braquet (en vrai, je le retiens, sinon il me perd car je sens bien que produire un effort supplémentaire n’est pas une situation d’avenir pour mes jambes.)
Le mur du marathon n’existe pas ?
Malgré l’approche du 30e kilomètre, la course n’a pas vraiment commencé. Il faut donc patienter (encore), se retenir et ne pas passer en force pour ne pas se faire sauter la soupape tout de suite. C’est ça le marathon.
C’est le passage devant Roland Garros au 36e kilomètre qui signe la fin du bal.
L’entrée du bois de Boulogne, en montée est vertigineuse. 350m à 2,7% sur Strava !

La plaque carbone de mes Hoka s’est changée en plomb et tout devient pénible à partir du 38e
J’essaie tant bien que mal de me concentrer pour viser le haut et la place du Trocadéro.
L’arrivée du marathon de Paris
Ça monte, ça ralentit. 4’56/km de moyenne du 35 au 40e c’est la portion de 5km la plus lente.
La zone rouge du marathon est franchie sans douleurs musculaires comme en 2018, mais avec un peu de frustration de ne plus pouvoir lever les pieds, allonger la foulée (y compris dans la descente sans la possibilité de faire une bonne Relance)

Je me laisse glisser tant bien que mal jusqu’à l’arrivée dans une ambiance folle. On ne s’entendait plus courir !
Est-ce ce « nouveau parcours » instauré en 2023 ou l’attrait des supporters parisiens ?
En tout cas cette ambiance est une vraie réussite.
La médaille est très jolie !

Après le marathon ?
J+2, j’avais presque envie de recommencer ; avec une prépa un peu plus longue, en passant par un semi-marathon bien préparé pour accrocher 1h30 et pourquoi pas 3h15 sur marathon ?

On verra ! J+30 et au moment de la publication de ce billet, le planning des courses de 2026 est déjà rempli avec les 10km de la Corrida de Toulouse chez Vergnes Optic (3 juillet) et un trail de 27km en montagne, Le Bélier de La Clusaz ( 22 août)
Plan d’entrainement Marathon en 7 semaines
Les détails sont dans le tableau ci-dessous et sur Strava.
Comme souvent, je l’ai imaginé et construit moi-même. Mais en essayant de faire différemment des précédentes prépa marathon tout en voulant suivre ces grandes lignes.
Il ressemble au plan d’entrainement suivi en 2024 pour l’écotrail de Paris 45km. J’ai profité de ce billet pour mettre celui du maratrail à jour ;)
- un peu plus de sorties longues de 30km
- pas de vitesse pure (VMA), remplacée par du seuil avec donc des intervalles (très) longs, à une intensité un peu moindre
- toujours du renforcement musculaire, tiré de l’excellent livre de Nico Vandel « la prépa physique de l’endurance » mais surtout pour du gainage et de la prudence sur les fentes
- du vélo, dehors ou dans mon garage, mais de moins en moins au fil des semaines et sans séance de qualité. Quasiment de la récup douce. Priorité à la borne en courant
- j’ai tenté de suivre ma charge d’entrainement avec le RPE. Sans arriver à conclure.
- j’ai passé mes jours et mes nuits avec une Suunto Race S ou Vertical pour enregistrer ma VFC afin de suivre ma charge d’entrainement. Sans arriver à conclure.
Matériel et nutrition
6 bouteilles de jus de betterave
La semaine précédent la course. Parce que des études ont prouvé que cela peut augmenter les performances.
Alors j’y ai cru (et je ne crains pas le gout de terre sucrée).
Vous pouvez écouter cet épisode du podcast de Courir-mieux.fr et trouver pas mal de ressources sur le net (exemple ici)

1 plateau de sushis / maki
la veille pour une légère recharge glucidique. Le début de la semaine a été prudent, sans interdiction, pour préserver le système digestif (peu de fibres, pas d’excès au niveau des quantités)

6 gels
J’en suis à ma 3e commande des produits Nduranz, dont les gels avec 45g de glucide chacun.
Les boissons me conviennent également très bien et j’ai testé les gels plein de fois à l’entrainement.
La reco du moment à 90 ou 120g de glucides par heure n’est pas (encore ?) pour moi mais j’ai mes habitudes (la dose recommandée pour arriver à 90g est de 4 cuillères de poudre)
- 3 cuillères de poudre dans 500mL. j’ai pris 2 flasques dosées de cette façon pour mes sorties longues
- 2 cuillères de poudre dans une flasque de 250mL c’est top pour une séance d’intensité
- 1 ou 2 gels pour une grosse séance de seuil
- 4 à 5 gels pour une sortie longue, c’est bien aussi (il fait rarement chaud au moment de la préparation du marathon de Paris)
- En course, je n’ai pas bu d’eau à part des fonds de gobelets. Parce que la déshydratation sur cette durée d’effort ne coute rien
1 paire de Hoka Cielo X1
C’est la première version de cette supershoes dont le test est à lire ici. Elle est un peu lourde, mais très rebondissante et je l’aime bien.
En plus je n’avais qu’elle comme paire performante, et surtout je lui faisais confiance.


Les chiffres de mon marathon sur Strava




