Et si j’y allais en vélo ?
150 km à vélo entre amis : conseils pour une sortie longue
La proportion d’articles consacrés au vélo sur Mangeur de Cailloux n’est pas du tout représentative du temps que je passe à pédaler.
J’allais rapidement poster sur mes réseaux des photos de ma dernière balade, mais la limite du nombre de caractères (2200) pour une publication Instagram, mon envie d’en dire plus, d’ajouter des liens m’ont fait revenir ici.
De Rueil à Talus-Saint-Prix : 150 kilomètres pour aller chez des copains à vélo
Aller voir des copains, sa famille ou partir en week-end à vélo pendant que le reste de la troupe suit en voiture est un excellent moyen de voir du paysage tout en passant un bon moment de sport.
Et en partant tôt, c’est aussi une bonne façon de caser une belle sortie longue, sans trop empiéter sur le temps commun.
Il y a aussi un truc particulier pour les sorties qui ne sont pas en boucle. Est-ce que ça ressemble plus à un voyage en bicyclette qu’à un entraînement ?
Ce n’est pas la première fois que je fais ce genre de trucs, souvent sur des trajets assez longs.
Et parfois il y a des complications : je me suis déjà fait rattraper par la voiture balais (c’était un trajet en hiver, j’étais content de me mettre au chaud dans l’habitacle au bout de 100km quand ma montre affichait -3° et que j’étais devenu invisible aux phares des voitures à cause du brouillard) et pour ma toute première sortie, j’ai crevé à peine 15 km après le départ.
Cet été, ma destination était une fois de plus mon producteur de champagne préféré : Champagne Jeaunaux-Robin.




J’ai eu la chance de pouvoir suivre une trace GPS de qualité (merci Classics Challenge) que j’ai légèrement adaptée à proximité de ma destination finale.
Une fois la distance en tête, j’ai estimé la durée pour prévoir l’alimentation à l’effort et j’ai été un peu attentif au niveau des bidons pour suivre ma consommation d’eau (il faisait plus de 30 degrés ce jour-là).





Pour ne pas avoir à transporter trop de nourriture, j’ai choisi de « manger liquide » et pour tester / simplifier, je n’ai pris que des gels que j’ai pu avaler tels quels ou diluer dans mes gourdes.
Cela m’a permis de confirmer que je pouvais fonctionner plusieurs heures avec une alimentation exclusivement sucrée (même si, honnêtement, je n’ai jamais vraiment de problème pour manger en faisant du sport).
J’ai pris 6 gels de 45g chacun et 2x75g de poudre dans les bidons en partant, cela fait 60g / heure.
C’est assez bas par rapport aux recommandations actuelles de nutrition sportive (mais mon effort n’était pas très intense). J’aurais sûrement été un peu mieux avec 8.
Garder (et regarder !) les emballages des produits consommés est un excellent moyen de faire ce genre de calcul, mettre en évidence d’éventuels manques d’énergie (les excès ressortent tout seul avec les coups de pompe…)
J’ai hésité à faire la première partie du trajet en RER (la traversée de Paris d’ouest en est n’est pas géniale) pour finalement avoir la flemme de faire un gymkhana entre les portiques RATP, mais cela peut être une bonne solution de démarrer directement en banlieue loin des grands axes.
Dans mon cas, la traversée de Paris a été plus tranquille que prévue (j’ai surtout eu peur de crever mes Michelin tous neufs avec chambre à air TPU rose capote)




Mais une fois passé Joinville, j’ai découvert les très jolis bords de Marne.
La suite du parcours en dehors de la petite couronne est, comme toujours avec les CC, un régal de petites routes peu fréquentées par les voitures.
C’était une belle balade.
Préparatifs
Ce que je fais à l’avance :
- J’entretiens mon matériel (sans excès. Faut que ça roule, pas obligatoirement que ça brille)
- Je roule quelques sorties longues (en proportion de la durée finale) pour valider le matériel, le confort et l’habitude de la position qui peut « s’oublier ».
- Je prépare mon parcours en cherchant une base de départ sur Google, Strava, Komoot (avec les mots clé gpx, parcours, trace, vélo, le nom de ma destination). Le site de Classics Challenge est une mine d’or.
- Je trace avec l’outil Route Planner de Suunto https://routeplanner.suunto.com/ car il permet d’afficher les cartes de chaleur (une superposition des passages des sportifs sur un fond de carte) et de visualiser ainsi les routes fréquentées par les cyclistes.
- Une fois le parcours enregistré, il est automatiquement synchronisé avec ma montre. (Suunto Vertical)
- J’ai découvert récemment https://gpx.studio/
C’est pratique pour retoucher et fusionner des traces (la trace de classics challenge ne partait pas de chez moi et j’avais donc 3 portions à coller avec la fin du parcours)



- Je prends de la marge sur l’alimentation : en dehors de la région parisienne, les boulangeries sont souvent plus espacées, fermées le dimanche après-midi.
- J’essaye de repérer les endroits où je pourrais faire le plein. Les cimetières ont presque toujours des points d’eau.
- Je consulte les prévisions (mais pas trop ! « qui regarde la météo, reste au bistrot ») et adapte mon équipement.
Depuis mes années vélotaf, j’ai une grosse sacoche de selle (pour loger une veste de pluie, du matériel complémentaire comme une chambre à air de plus, un dérive-chaine) et une petite sacoche de cadre devant pour les gels, barres.
Et si le trajet devenait une partie du voyage ?
Finalement, ces trajets restent parmi mes sorties préférées. Il y a un petit côté voyage qui change complètement la perception de l’effort.
On ne tourne plus autour de chez soi. On avance vraiment vers une destination, avec l’impression de gagner chaque kilomètre.
Et quand on arrive, la journée ne fait souvent que commencer. Ou c’est l’heure de l’apéro :)
C’est peut-être ça que j’aime le plus dans ces sorties : le vélo redevient un moyen de déplacement, pas seulement un outil d’entraînement.
Il suffit parfois d’une excuse simple, comme aller voir des amis, pour transformer une journée ordinaire en une petite aventure.
Alors, la prochaine fois que vous devez aller quelque part… et si vous y alliez à vélo ?
PS : mettez de la crème solaire !




