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Test : Kalenji Kapteren XT4

kapterenXT4-01Début 2014, lorsque j’ai reçu les dernières chaussures de trail de chez Kalenji à l’occasion d’une demie-journée d’échanges et de test avec l’équipe de la marque, j’étais au tout début de ma préparation pour le marathon de Nantes et courir dans les sentiers n’était pas vraiment ma priorité…

Je m’étais donc contenté de parcourir la fiche technique et de 2 ou 3 footings dans Saint Cucufa en attendant des jours meilleurs ;)

Sur le papier

L’accent a été mis sur l’accroche (crampons de 5mm de haut et très larges), le maintient et l’amorti (concept K-ring sous le talon, en forme de donut spécifique à la marque), sans oublier le dynamisme avec « In’Up » devant. Le drop est de 10mm. Ma version est le modèle « pronation ». Il faut bien comprendre qu’elle ne corrigera jamais rien mais bénéficie d’une zone de renfort sous la semelle (que je n’ai pas senti) destinée à contrer l’affaissement du pied sur l’intérieur qui arriver avec le temps d’effort : la pronation de fatigue.

On a donc (selon mes critères subjectifs…) affaire à une assez grosse chaussure (440g pour mon 47. C’est assez lourd (un peu moins de 350g pour la même pointure de mes Altra ou Peregrine) Mais il y a plus de protection sous cette Kapteren XT4). Tout ça nous donne donc en théorie une chaussure stable, rassurante et accessible pour se lancer dans le trail. Et plus si affinité !

A la prise en main pied, tout va bien. Il y a pas mal de volume pour l’avant pied. Le talon est bien maintenu et les lacets ne glissent pas (même mouillés) et se rangent dans une petite poche. Premier bon point ! Les mousses (languette, talon) sont assez épaisses ; c’est confortable.

On peut serrer l’avant pour ne pas que le pied ne glisse en descente, ni être compressé, et laisser plus de marge en haut pour ne pas bloquer les mouvements de la cheville.

La chaussure est par contre assez rigide (par rapport à mes habitudes) en flexion et le lien entre l’avant et l’arrière difficile à trouver. Le déroulé n’est pas simple pendant les premiers kilomètres. Mais, habitude ou rodage, j’ai trouvé que mes sensations s’étaient nettement améliorées à l’approche des 150km (elles en ont maintenant un peu plus de 200), comme si elles s’étaient « cassées ».

 

En forêt

Ici pas de minimalisme, peu de retour de sensation du terrain. Elle n’est pas faite pour ça. Mes footings « up & down » (interdiction en rentrer à la maison tant que la montre n’indique pas 500m de D+) ne risquent pas de trouver les limites de cette XT4.

Saint Cucufa est trop facile et cette Kalenji trop grosse pour les sentiers forestiers. Les crampons sont d’ailleurs trop gros pour pénétrer un terrain boueux ; en passant, les crampons sont tous dans le même sens, pour accélérer et freiner, mais il en manque dans le sens de la longueur, pour l’accroche latérale, les virages très serrés. Je me suis fait avoir une ou deux fois…

Et le poids se fait quand même sentir sur des sorties courtes et dynamiques (même si la semelle n’est pas du tout « lourdingue »). Bref, c’est du gachi ;)

 

En montagne

Heureusement les vacances sont-là et les Alpes de Hautes Provence m’ont permis de trouver un terrain de jeu plus révélateur des qualités de cette chaussure.

J’ai donc pu les emmener sur le GR du Haut Verdon pour 2 sorties de 10 à 13km avec 1000m de dénivelé.  Au menu, des cols à 2500, une arrête à  2600m, des sentiers d’alpage, un pierriers à traverser, des pentes à plus de 20% à monter et descendre avec des racines, des gros cailloux, des marmottes…

La protection générale (semelle assez rigide et épaisse pour moi, pare-pierre) est bienvenue. On peut se concentrer sur le paysage !

Le guidage du talon est appréciable en descente et permet une bonne précision. L’accroche en montée est bonne (tant que la boue n’est pas trop liquide) et l’avant du pied bien protégé, et bien maintenu. L’avant pied est dynamique et les relances entre les épingles passent très bien.

Dans le raide, quand il faut attaquer avec le talon en direct j’ai bien apprécié l’amorti que je trouvais trop ferme en plaine.

Alors, grisé par le manque d’oxygène en altitude ou pas, je me suis régalé et pu attaquer les descentes en totale confiance avec 15′ de 30/30 en descente, juste interrompu par un patou en travers du chemin…

 

 

Bilan

Après environ 200km et 8700m, mon avis est finalement très positif. (malgré le poids, le drop à l’opposé de mes habitudes ;) ) j’ai pris du plaisir à courir avec ces xt4 et c’est bien là l’essentiel !

Si je pouvais améliorer des points :

  • le poids (mais il faut laisser de la place à la Kapteren race…)
  • le mesh à l’avant coté intérieur, au niveau de la pliure semble se dégrader un peu vite à cause des renforts… Il craquera surement avant d’avoir usé la semelle.
  • les crampons, surdimensionnés mais qui manquent d’accroche latérale
  • une liaison plus fluide entre le talon très maintenu et l’avant

 

Et les bons points : 

  • l’accroche et la stabilité qui donnent confiance
  • le dynamisme de l’avant pied
  • le prix ! (79€ prix de base. 59€ en ce moment ça fait pas cher pour connaitre autre chose qu’une Trabucco ou XT Wing…)

 

 

 

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5 réflexions au sujet de « Test : Kalenji Kapteren XT4 »

  1. J’ai moi aussi des XT4, achetées la veille d’un trail imprévu en mars (en weekend, je n’avais pas de chaussures à dispo pour un parcours très boueux).

    Trailer plus modeste, je suis assez satisfait de ces chaussures sur terrain gras. Pour des parcours plus secs, je préfère comme toi des chaussures plus souples, et notamment la petite soeur de ces XT4, la Kapteren Race.

    En tout cas, mon ressenti, c’est que la rigidité de la chaussure, si elle est rassurante (protection du pied, maintien, etc), pose quand même quelques soucis. Avant qu’elles ne se fassent ou que mon pied s’adapte, j’avais régulièrement des ampoules au bout d’une dizaine de kilomètres.

    Quoi qu’il en soit, c’est vraiment le meilleur rapport qualité/prix du marché à mon avis, merci Kalenji !

  2. Pas le choix. Je n’avais emmené que cette paire en vacances (avec les skechers) pour finir le test sur un vrai terrain de trail…

    Rigide, 10mm de drop : tout l’inverse de ce que j’ai l’habitude de courir. Il faut leur rentrer dedans et attaquer avant ou médio-pied et ça roule !

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