Test : Hoka Mafate Speed

Elle a eut de la chance cette belle Hoka Mafate Speed ! Depuis qu’elle est avec moi, elle a parcouru de doux sentiers forestiers parisiens, les montagnes pyrénéennes et de durs sentiers caillouteux du sud, avec en bonus la vue sur la mer en débardeur trail !

22 heures, 145 kilomètres (merde c’est nul comme moyenne !) et 4300m de dénivelé (ça c’est mieux) pour en avoir une idée précise. Deux sorties de 3h, des footings courts, du rythme ; Voilà les chiffres de mon test.

En image, un test de chaussure de trail , ça donne ça :

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Mais après les Rapa-Nui (je garde un excellent souvenir de leur compagnie sur la saintéLyon, mais je n’arrive plus à les mettre sans avoir une ampoule sur le dessus d’un orteil), je crois pouvoir dire que ma relation avec la marque à l’amorti oversize ne s’est pas simplifiée !

Le discours officiel la positionne comme une chaussure « à toute épreuve », très amortie, légère et durable. Une partie de ses qualités vient de la semelle en RMAT. A ce sujet, il y a chez Hoka différentes technologies d’amorti, différentes épaisseurs et formes de semelle (le meta-rocker qui joue sur le déroulé de la foulée). J’ai trouvé cet article sur la gamme plutôt bien fait pour s’y retrouver (clic)

Pour la Mafate Speed, ce sera donc 35mm sous le talon, 31 sous les méta pour un drop de 4 mm et une chaussure de trail pas du tout minimaliste :) Le poids officiel est de 322 g (basé sur une pointure EU 42 2/3 – beaucoup plus pour mon 47…) ce qui reste intéressant vue le volume de la chaussure.

On retrouve  un mesh (a priori solide pour l’usage que j’en ai fait) et respirant ; et comme toujours chez Hoka 2 semelles de propreté : une ortholite et une plus épaisse pour ajuster son confort et le volume disponible pour ses pieds. Je ne ferais surement pas assez de kilomètres avec pour savoir qui de la semelle ou du mesh lachera en premier, mais ça semble solide !

Cette Speed est assez proche du pied, pas très large et munie d’une fine languette qui permet de gagner un peu de poids et de bien sentir le serrage assuré par le très pratique système « quick-lace ».

Et comme pour les rapa-nui trail « je t’aime, moi non plus » il y a eu des hauts et des bas…

C’était pas terrible

Pour moi, il y a surtout cette raideur de la semelle, pas flexible pour 2 sous. Je trouve qu’il faut vraiment lui rentrer dedans pour profiter de son dynamisme. Et pourtant je ne suis pas vraiment léger (80kg suivant ce qu’il y a dans la poche à eau!)

Du coup cette chaussure taillée pour le long, les ultras devient un peu fatigante, lourde à emmener. La conséquence de cette rigidité est que je l’ai aussi trouvée assez piégeuse pour les chevilles. Entre l’épaisseur de l’amorti et le manque de flexibilité, la proprioception en prend un coup et avec la fatigue on « tombe » de plus haut. Bref, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas tordu la cheville. C’est revenu. 2 fois en plus…

La tige est aussi raide au niveau du collier. J’ai fait l’erreur de partir en vacances avec (seulement !) 2 paires de running. Ces grosses Hoka pour le long, et des light pour le reste (Altra Superior 2.0), le tout avec des petites chaussettes… Et je me suis très vite retrouvé avec des brûlures assez rédhibitoires sous les malléoles.

Le talon est bien maintenu et le pied bien guidé grâce à cette arrière solide, mais ça fait mal. C’est vraiment dommage et cela m’a bien refroidi alors que j’avais clairement envisagé de profiter de tout cet amorti pour les 90 bornes de l’ut4m :(

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C’était bien

On me l’avait annoncé. Elle n’a pas déçu. La Mafate Speed est une chaussure de trail pour les terrains défoncés, glissants, techniques. Et c’est vrai :)

Time to Fly en Mafate Speed

L’épaisseur de la semelle protège des chocs avec les cailloux. Les crampons et le Rmat ne laissent place à aucun dérapage, y compris sur les surfaces les plus compliquées comme les racines humides, les dalles. J’ai même profité d’une séance canyoning pour tester leur capacité à évacuer l’eau et accrocher sur les pierres au fond de la rivière…

Mafate Speed dans les cailloux

L’amorti est également au top. La semelle est plus épaisse que celle d’une Rapa-Nui. Vous serez donc tranquille pour de long kilomètres. Ou du moins les pieds ne seront peut-être pas le premier truc à lâcher sur votre prochain ultra ;)

Ces qualités n’en font donc pas une chaussure pour les trails roulants, la région parisienne. Ce serait du gâchis… Même pour les « longues »  comme la SaintéLyon ou l’écotrail (préférez la Challenger ATR)

Mais même si sur les terrains que j’ai pratiqué et à mon niveau j’ai du mal à juger cette chaussure, à trouver mes marques, en montagne ou sur des terrains très techniques, elle sera comme un poisson dans l’eau. Elle a même été aperçue sur le podium du Tor des Géants…

 

 

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10 pensées sur “Test : Hoka Mafate Speed

  • 18 septembre 2015 à 11 h 33 min
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    Difficile de savoir si tu aimes vraiment ou pas en lisant ce test, je m’attendais un paragraphe conclusion. J’ai du mal à m’imaginer courir avec, d’un côté ça semble bien pour les terrains hyper techniques et le long, mais de l’autre tu dis qu’elle est un peu lourde pour du long, et que c’est risqué pour les chevilles, donc ça fait un peu chaussure le cul entre deux chaises expliqué comme ça ! Ça ne m’incite donc pas plus d’aller voir chez Hoka tout ça…

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    • 18 septembre 2015 à 17 h 04 min
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      Tu as raison. Ce n’est pas assez tranché.
      Merci de ton commentaire. Certains diront surement que c’est pour ne pas « froisser » la marque qui m’a gracieusement fourni cette paire. Mais c’est plus compliqué que ça !

      Les histoires d’ampoules / brûlures sous les malléoles m’ont un peu pourri les vacances et j’ai souvent serré les dents le matin en les enfilant pour mes sorties dans les Pyrénées :(

      Mais j’ai vraiment apprécié l’accroche. La matière a un truc en plus sur le mouillé que n’a pas Altra par exemple. La durabilité semble bien meilleure aussi.

      Après au final est ce que j’achète une paire une fois celle-ci usée ?
      Non. C’est un peu trop gros pour moi. trop lourd.
      J’achète pas.
      Par contre, si SaintéLyon il y a, je suis à 2 doigts de commander des rapa-nui; en prenant une demi pointure au dessus des premières (pour être du coup en 12,5 comme les speed et plus à l’aise)
      Le supplément d’amorti « hoka » par rapport à des chaussures plus classiques me convient vraiment très bien pour le long, sans se trimballer un tank à chaque pied…

      Mais comme toujours il ne faut pas oublier que le sujet « chaussure » reste extrêmement subjectif. J’ai beaucoup couru en minimaliste. En ce moment je suis fan de mes Saucony Triumph (8mm de drop, 31 / 23mm de semelle) et de Skechers Gorun 4 / GoSpeed Meb !
      Elles ne conviennent pas à ma pratique, mais j’ai aimé certains cotés :)

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  • 18 septembre 2015 à 19 h 10 min
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    Après mes difficultés sur les Templiers en 2014, j’ai fantasmé pendant de longs mois d’hiver sur les Hoka. En boutique, j’ai essayé des Rapa Nui et les Mafate sur lesquelles je lorgnais vraiment, eh ben mon porte-monnaie a été soulagé : je n’étais pas du tout confort en Mafate, j’ai pris les Rapa Nui.

    Vous êtes nombreux à rapporter des problèmes sous la malléole et même avec mes Rapa Nui je trouve que ça frotte vite. Je n’ose pas faire du long avec alors qu’elle serait « faite » pour ça : du long chemin pépère…

    Au final, j’ai fait le GRP120 en Peregrine… les orteils ont souffert sur la fin comme tu le sais mais qui arrive avec des pieds 100% nickels après un long trail ? NB mes cuisses par contre RAS, alors l’amorti pour sauver les cuisses est un raisonnement qui ne vaut pas tripette chez moi.

    En tout cas j’apprécie ton honnêteté, je n’avais pas l’impression de trouver ce ton ailleurs… (je ne les lis plus d’ailleurs)

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    • 19 septembre 2015 à 0 h 30 min
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      Ma propre expérience du long me fait clairement penser que MES pieds sont un facteurs limitant (du plaisir et donc de la perf. A mon niveau…)

      J’ai pris mon pied sur la sainté avec les rapa, après avoir fini cette course en ayant mal aux pieds en peregrine (v1 et v2) ou en lonepeak 1.5 (qui était plus fine que la 2.0).

      Idem avec les grosses Triumph sur l’ecotrail (mème si elles étaient à leur limite en terme de maintien dans les quelques descentes)

      Voilà pourquoi je chercherai cet amorti, la protection sur les longs trails. Plus que le dynamisme. Et d’où mon choix des LP 2.0 2 fois de suite (maxirace + ut4m)
      Ça fait longtemps que je n’ai plus de Peregrine mais à mon avis ce serait moins bien. Surtout pour mon poids.

      Je me rends aussi compte qu’au delà du drop et de l’épaisseur, la densité de l’Eva est importante en fonction du gabarit du coureur.

      La Mafate Speed est trop dure. La rapa bien. La LP limite trop molle (ou du moins elle vieillit trop vite à ce niveau) et la gorun également pas assez dense pour mon poids sur 42 km.

      Il faut trouver « sa » chaussure pour son terrain et sa distance.

      Et je te rejoins bien sûr pour les quadris. Avec n’importe quelle paire on n’aura mal en bas de 100m de D- courus… Il faut juste s’entraîner en descente !

      Pour les ongles par contre ce ne me semble pas une fatalité mais un pb de pointure et de serrage.

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  • 19 septembre 2015 à 9 h 21 min
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    J’aime assez le look de cette chaussure sans vraiment la connaitre.

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  • 22 septembre 2015 à 12 h 00 min
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    Pour moi, la Mafate Speed est dans la lignée des Hoka d’origine avec des évolutions techniques. L’ATR est une rupture et on bascule dans le running avec une conception bien plus light. Je suis d’accord sur le fait que la Mafate est faite pour les sentiers techniques (pas ceux de Paris) et l’ATR totalement en revanche.
    Mais c’est vrai qu’on a du mal à savoir si tu aimes ou pas finalement…

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    • 22 septembre 2015 à 14 h 24 min
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      c’est pour ça que j’ai précisé ma pensée dans ma réponse au commentaire de PAP ;)
      Il y a des aspects de cette chaussure que j’ai vraiment aimé ; d’autres moins. Et ces derniers sont plus nombreux…

      Pour le reste de la gamme Hoka, je n’ai pas couru avec l’ATR ; les tests de Philippe et Greg sont convaincant mais je fais 10kg de plus qu’eux donc je risque de la trouver trop molle et elle ne (me) supportera peut-être pas sur du long. La Rapa-nui trail reste donc à ce jour me recommandation pour mon gabarit, et sur toutes distances et tous les terrains. Et tant pis si ça glisse un peu !

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  • 28 septembre 2015 à 16 h 09 min
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    Hello.
    SpeedGoat pour moi, la suite de Rapa Nui je crois. Eh ben, j’aime beaucoup et c’est avec ça que j’irai à la SaintéLyon. Voilà. Bisous bisous.

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