Saintelyon 2012

SaintéLyon 2011 – compte rendu…

Bon je sais, c’était il y a plus d’un mois maintenant… En plus l’essentiel est déjà dans le billet précédent. Mais j’ai encore tellement de choses en mémoire sur cette nuit entre Saint Etienne et Lyon que de mettre tout ça dans un billet me semble compliqué et surement long…

Après 2 semaines à  cogiter (pluie / pas pluie ? chaud / pas chaud ? ravito / pas ravito ?) me voilà enfin en région stéphanoise chez Bert’ avec Mag, autour d’une bonne assiette de riz. Tout le monde a bien respecté cette phase de relâchement et arrive bien frais, sans blessure et ultra motivé pour en découdre !

Surtout c’est nettement plus calme et plus confortable qu’au palais des sports, et cela nous permet de ne pas rajouter de pression inutilement…

Mais ça chambre déjà pas mal. On affine la tactique de course avec le plan de bataille ambitieux que je leur ai préparé, on fait le plein de barres et autres gels et de poudre.

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Pour moi c’est la grosse déception. J’ai complètement oublié l’essentiel : pain de mie, nutella, beurre salé et jambon. Je ferais sans. De toutes façons j’en ai plein les poches (et les ravitos sont là) pour pouvoir zapper Saint Christo sans finir à vide.

Coté boisson j’ai carburé au mélange : poudre dans le camel back (1,5L fini dans les derniers kilomètres des quais) et 2 bidons de 50cL devant, remplis d’eau (et rechargés au besoin).

Difficile de mesurer précisément ma conso, car je n’ai pas compté les rechargement et surtout jamais les 2 bidons ont été vides, mais je pense avoir bu (en plus des 1,5L de boisson isotonique) pas loin de 3 litres d’eau.

Coté solide, toujours chez Décathlon, je me suis appliqué à manger un truc toutes les 45’ au début (indépendamment des ravitos). Cet intervalle a été réduit à un petit 40’ après Sainte Catherine, mais avec un départ à minuit c’est presque facile de compter les intervalles…

J’ai donc mangé en tout 5 gels (sur la deuxième partie de course), 4 pates d’amandes et 1 barre banane chocolat (au début). A partir de Sainte Catherine j’ai pris en plus l’équivalent d’une grosse banane et une bonne poignée de rondelles de saucisson à chaque ravitaillement.

Et franchement, le saucisson bien salé c’est énorme comme effet !

 Tout cela à très bien tenu dans mon sac Lafuma ultra trail 3L, acheté pour avoir un peu plus de place que dans l’excellent Kalenji small. (pour choisir votre sac de trail, lisez le billet de SebRom)

Mais revenons à la préparation du coté de Saint Etienne…

Une fois tout le monde bien enduit de NOk, en collant et avec gants, bonnet, tee-shirt trop chaud et veste trop étanche, une photo souvenir et direction le Chaudron !

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 On est un peu en avance, mais pas les seuls. L’arche de départ est bien en place mais les milliers de participants sont encore en majorité dans le palais des sports. La pression monte d’un petit cran. Du coup on met nos sacs poubelle, plus en préventif qu’autre chose, mais ça doit nous rassurer un peut tous ces trucs prévus à l’avance ;)

Les bons conseils des copains blogueurs disaient de se placer assez tôt pour être proche du départ pour ne pas être pris dans des bouchons à l’arrivée dans les sentiers une fois sortie de Saint Etienne. Alors on y va. On est assez loin au début car il faut laisser partir les relais, normalement plus rapides avec leur dossard rouge.

23h45. C’est parti pour eux. La place se libère et on avance d’un cran, tout comme la pression. La pluie est toujours là, assez fine. Il y a beaucoup de monde derrière (5500 personnes au départ) Mag a dû changer son bonnet pour sa casquette (ou l’inverse..) au moins 12 fois pendant le dernier quart d’heure précédent minuit (quand je vous disait que la pression faisait des ravages… et c’est pas fini). La tension monte dans une très bonne ambiance alors que tout le monde fini de se préparer. Le dîner est déjà loin. Je mange une première barre pour partir tranquille. Gentlemen, start your garmin…


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Minuit. On y est ! Musique !  C’est parti, vite comme (pas) prévu. On est tout de suite dans le rythme grâce à notre bon positionnement sur la grille. Sauf que 2 km plus loin, trop de pression ;  arrêt technique obligatoire pour les 2 Bertrand qui nous fait perdre un bon paquet de places…

On est quand même sur les chapeaux de roue alors qu’un prudent « 10km/h » était annoncé dans le plan de bataille…

Du coup il fait chaud. 7°C au panneau d’affichage à l’entrée de Sorbier. J’en profite pour enlever une épaisseur ainsi que mon buff « saintéLyon 2010 » porte bonheur. Je ferais la course avec 2 couches : tee-shirt manche longue et veste étanche pour une parfaite thermorégulation !La protection contre la pluie et les rafales de vent sur les crêtes était bien appréciable…

 J’ai eu parfois un poil chaud dans les montées, mais en restant loin de la surchauffe avec en plus la possibilité d’ouvrir la veste pour me refroidir (pas si facile à faire avec le célèbre dossard chasuble qui n’est pas des plus pratique…)

A propos de la veste Kalenji Protect, n’hésitez pas à lire le test « en conditions réelles » de David, alias RunMygeek.com Elle vaut vraiment ses 79€ !

Après cet intermède technique,  le plan reste simple : monter assez tranquillement jusqu’à Sainte Catherine, y arriver bien frais, et en redescendre pour enfin commencer la course !

Sauf que dans les faits tout va de travers ; où plutôt tout va trop vite. La partie goudronnée a été mangée à plus de 11km/h et mon cardio est bien au délà des limites prévues pour ce qui doit être un footing d’attente. J’en profite pour rappeler Mag à l’ordre pour la 25ième fois. Le coquin prend 200m d’avance toutes les 3 minutes… Mais il est interdit d’arriver en avance sur le planning à Sainte Catherine sous peine de finir sur les quais de Saône et Rhône en marchant ou en rampant…

C’est raté. On passe Saint Christo avec 10’ d’avance, Sainte Catherine avec 12’. Mais les sensations sont plutôt bonnes. Il y a suffisamment de monde pour mettre un peu d’ambiance et de lumière (le truc à faire sur la SaintéLyon : se retourner) mais pas trop pour occasionner des bouchons. On marche vite dès que ça monte un peu trop.

C’est un truc que je n’ai pas trop fait à l’entrainement. Et comme par hasard mes ischios me le rappelle vers le 20ième kilomètres. Etonnant, mais pas inquiétant.

Saint Christo et Moreau sont vite oubliés malgré le choc lumineux : les ravitaillements sont de gros moments d’effervescence sur le parcours, (surtout au début avec les relais dans les starting block) et des éléments de motivation en cas de coup dur.

Ça monte, ça descend parfois et les chemins sont très praticables ; boueux mais pas bourbier. Mes Peregrine sont vraiment à l’aise. Grosso modo on aura fait que discuter pendant ces 3 premières heures.

Arrivés à Sainte Catherine, Noostromo est déjà loin, mais nous sommes maintenant en terrain connus et pas mal de bons souvenirs reviennent !

Mais ce n’est pas une raison pour trainer plus que ça. On en profite tous les 3 pour faire le plein d’eau et manger un peu avant de repartir. Les bidons à l’avant du sac sont définitivement plus rapides à faciles à remplir qu’un camelback, fût-il à ouverture rapide par glissière ;)

On en profite pour faire le point…

3h03 de course et 28km. Un peu plus de 10′ d’avance sur le planning mais tous va bien. Les jambes se raidissent doucement et le moral est au top !

Le village de Sainte Catherine est vite traversée avant de reprendre les sentiers par une petite bosse. la première « vraie descente » arrive ; c’est le fameux bois d’Arfeuille qui doit nous mener au vrai départ de la course : Saint genoux !

Sauf qu’elle passe vraiment très (trop) vite. Je double pas mal de monde en annonçant un peu en avance mon arrivée (« je passe à droite ! attention à gauche !) mais il y a pas mal de monde et pour une fois je laisse le cerveau un peu branché. Interdit de tomber ou de faire tomber en dépassant.

Du coup le rythme n’est pas aussi rapide que prévu. On doit aussi perdre en visibilité par rapport à l’année dernière où la neige réverbérait bien mieux que la boue !

Le ravitaillement met un peu de temps à arriver après 2 petit raidars casses pattes. La course va bientôt commencer…

On est à Saint genoux.

Je crois que c’est là que j’ai attaqué le saucisson :)

Le ravitaillement est plutôt petit ; il y a pas mal de monde mais on fait un arrêt express avec un coup d’oeil au plan de route : Un petit coup de cul et ça va descendre !

Gaz! Direction Soucieu par Marjon ! Ce coup-ci on ne bavarde plus tellement et je passe devant pour donner le rythme. Je reste très concentré pour avancer assez vite, sans tomber et en dépassant le plus de monde. Il y a pas mal de pierres et je me pose des questions sur ma fidèle Petzl (tikka XP2) qui semble faiblir. Sauf qu’avec l’accu core en mode régulé, sa puissance reste constante (réglée sur 5h30 pour moi) C’est donc ma vue qui baisse ! Raison de plus pour essayer de ne pas faire le spectacle avec un plongeon dans le boue.

C’est surement une des rares fois où je fais une descente avec retenue…

Avec la concentration il m’est difficile de savoir si mes potes suivent. Je lance donc régulièrement quelques « MAG t’es là ? » et il répondra toujours présent, faisant de même pour « surveiller » Bert !

A Soucieux c’est l’effervescence. Le saucisson est toujours aussi bon mais certains semble ne pas en profiter et on croise pas mal de zombies pour qui la route semblera surement encore bien longue. Ce sera notre plus grosse pause. Par sécurité et pour ne pas avoir à faire la manipulation dans les sentiers, j’enlève mon accu pour mettre des piles neuves dans la frontale. Le plein dans les bidons et on y retourne !

Je reconnais la descente finale sur le Garon, un peu surpris d’en être déjà là car je commençais à avoir un bon petit rythme.

Nouveau check-up des troupes. On ne s’est pas beaucoup parlé dans la descente, la fatigue se mélange à la concentration.

On attaque la montée en marche rapide et en doublant, mais il n’ a qu’une trace dans le large chemin plein de pierres et on s’use peut-être un peu. Dès qu’on sort des bois il commence à avoir pas mal de gens sur le bord des routes. Les supporters font du bien au moral et je ne m’attendais vraiment pas à voir autant de monde.

Chaponost est en vue. On monte, on descend, Par contre je suis presque deçu de pas avoir pu tester mes quadris dans les escaliers du chateau :(

Depuis le ravito de Soucieux, c’est « silence radio » avec Bert et Mag. Je suis dans ma petite bulle et ne sais pas trop s’ils sont encore là…

C’est un SMS de Jean-Charles qui m’en sortira. On avait échangé quelques mail et il devait peut-être être à l’arrivée ou faire les derniers kilomètres avec nous.

Je le rappelle et il me dit qu’il est parti du palais des sports en vélo pour remonter le parcours à notre rencontre et il est à Sainte Foy !

Le coup de boost est énorme et je suis à la limite des larmes. La descente vers Beaunant est faite sur les chapeaux de roue et j’arrive au ravito tout seul. un peu perdu.

Un nouveau coup d’oeil au plan de route : il est 6h42 et il reste presque 12km. Avec le mur qui nous attend et la fatigue, arriver en moins de 8 n’est pas encore assuré.

Je tourne un peu en rond ne sachant où sont mes compagnons. Je remplis mes bidons et rejette un coup d’oeil rapide…

Heureusement ils sont là ! Détendus et partant pour se faire un bon petit repas façon Greg avant le sprint final…

Pas question ! Pas de temps à perdre !

Je rempli la poche à eau de Bert pendant qu’il s’en vide une autre et brieffe Mag sur l’heure qui tourne…

Mes compères s’accrochent tant bien que mal. Il est temps de prevenir le comité d’accueil de notre arrivée prochaine. La bosse des aqueducs passe vite. Ce coup-ci ça commence à sentir l’écurie. On retrouve Jean-Charles sur son VTT qui passera une heure à nous encourager, presque étonné de notre relative « fraicheur » ;)

La redescente sur Lyon est un peu différente de l’année dernière, mais ça reste très beau de profiter des lumières de la ville des lumières. Mes pieds sont bien douloureux (peut-être depuis Soucieux) et le goudron n’arrange pas les choses. Mais on « déboule » quand même à un bon 11km/h.

7h21 – Dernier point de contrôle. Bienvenue à Lyon. Tout redevient très plat pour 4 très longs derniers kilomètres. Le final redouté est devant nous. La SaintéLyon presque derrière…

Un petit tour à la confluence, les galets du Rhône transpercent un peu mes fines semelles mais on avance encore, à la même vitesse que l’année dernière malgré 25 bornes de plus :)

Au pont Kitchener, un homme encourage tous les coureurs un par un ! Pour nous ce sera un : bravo les gars, moins de 2km, vous êtes sous les 8h!

En fait, on le sait depuis l’entrée dans Lyon. Je crois que c’est pour ça que c’est la seule partie où on a perdu des places ;) Mais le palais des sports est déjà là, et c’est l’arrivée.

7h54’46 »

Mince, c’est déjà fini ? bon… bizarre…

Ma petite Emma est là dans l’aire d’arrivée pour me faire un peu briller les yeux. Elle ne semble pas comprendre ce qui se trame dans le brouaha, mais sera au petits soins pour son papa. Je retrouve du coup mes parents, Grego au moins aussi perdu que moi dans ses émotions, et les inséparables Bert et Mag qui sont bien contents d’être arrivés sans encombre à bon port!

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Très vite je ne pense qu’à m’assoir ou m’allonger au sol, mais il y a tant de monde avec qui échanger. Je cherche aussi un peu désespérément la runnosphère du regard, mais il y a vraiment trop de monde.

Comme l’année dernière, Yoyo a encore mis son réveil pour venir nous accueillir et ça fait vraiment plaisir !

Je trouve finalement un bout de béton pour m’allonger, toujours bien soigné par Emma !

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Le ravito d’arrivée est décevant (mais surement moins cher et facilement « recyclable » si des coureurs ne le prennent pas…) mais la bonne humeur qui règne éclipse tout. Je gagne aussi un joli tee-shirt (que je n’ai toujours pas sorti)

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Cette belle aventure s’achève là.

J’en ressort finalement surtout l’envie de revenir (pour viser 7h29!) mais finalement sans toutes les réponses aux questions que j’avais avant le départ et sans vraiment en savoir plus sur mes limites.

L’entrainement s’est très bien passé. je n’ai eu aucun problème physique, gastrique ou autre pendant la course et très peu de « séquelle » après.

Du coup 8h de course, c’est peut-être pas assez ? Je n’ai décroché que peu de temps vers de Soucieux pour bien remettre les pieds sur terre à Beaunant, et si mes pieds me faisaient souffrir, je n’ai pas la sensation d’avoir vraiment puisé au fond de moi pour finir.

C’est surement du au fait que nous ayons toujours été 3 pour nous encourager. Je remercie vraiment mes 2 amis de m’avoir accompagné et d’avoir partagé cette nuit.

J’espère vraiment que l’on se retrouvera vite en 2012 pour de nouvelles aventures, à pieds, à vtt ou les 2 en même temps ;)

12 réflexions au sujet de « SaintéLyon 2011 – compte rendu… »

  1. Chouette CR et belle gestion de la course !
    C’est vrai que ce dossard chasuble est assez peu pratique quand tu veux enlever/ajouter une couche ou même juste ouvrir la veste ;)
    Encore bravo !

  2. Un bon CR de STL servi tout chaud au petit déj, ça c’est cool! J’en ai attaqué le Nutella à la cuillère à soupe du coup! :-D

    Bravo, belle plume, belle course, une vraie bande annonce pour la prochaine encore plus rapide et plus agréable ;-)

    Je cite : « Du coup 8h de course, c’est peut-être pas assez ? »
    Mouhahahaha, ça en augure de belles ça aussi!

    Bravo et merci pour nous faire rêver!

  3. Ha, ca va, tu as pu profiter un peu du dernier ravito. Bon, ce qui est cool, c’est qu’on va pouvoir s’accorder sur l’objectif pour la prochain Sainté.
    Mais du coup, quelle course de plus de 8h as-tu prévu prochainement?

  4. merci pour vos commentaires !

    @Greg et Seb : normalement rien au delà de 8h pour 2012 pour moi, peut-être sur Nivolet-Revard mais pas sur. Chaque chose en son temps ;)

    C’est pas facile de retranscrire cette longue nuit, préparée depuis longtemps. Il y a beaucoup de détails et anecdotes qui auraient pu être ajoutées mais si cela vous a plu et que ça commence à vous titiller de vous lancer dans ce genre d’aventure c’est déjà pas mal :)

    Au final la nuit passe tellement vite et le plus dur reste pour moi la préparation. Plus on la pousse, moins on a de surprises en course… On en profite plus ?
    Certains aiment ça ou ne savent pas faire autrement, mais je ne pense pas avoir encore assez d’expérience pour me passer d’une prépa bien structurée, d’un plan!

    Ce n’est surement pas le meilleur exemple. Cela a juste marché pour moi et j’y ai pris du plaisir avec cette organisation.
    Le plus important est surement d’apprendre se connaitre et d’essayer de savoir pourquoi on le fait ce genre de truc.

    L’enchaînement des entrainement et course ne permet par de trouver les réponses à toutes ces questions, mais on s’en approche…

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